VIH et injection: quelle est la tendance actuelle?

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le SIDA, faisons le point sur l’infection au VIH chez les usagers de drogues par injection en Belgique.

De manière générale, de nombreuses études supportent l’efficacité des dispositifs d’accessibilité au matériel stérile d’injection dans la lutte contre le VIH. Actuellement, les cas d’infection au VIH liés à l’injection sont généralement moins courants dans les pays ayant mis en place des programmes d’accessibilité au matériel stérile d’injection . Différentes recherches ont montré que les programmes d’échanges de seringues constituent une stratégie efficace pour diminuer les comportements à risque, entrainant conséquemment une diminution de la prévalence et de l’incidence de l’infection au VIH. Néanmoins, cette efficacité semble dépendre de la couverture et de l’accessibilité des comptoirs, ainsi que de la présence de dispositifs complémentaires.

En Belgique, on ne dispose malheureusement pas d’un monitoring étendu et permanent de la séroprévalence au VIH chez les UDI (usagers de drogues par injection). La prévalence peut toutefois être estimée via quelques données, qui confirment également que les injecteurs sont généralement peu touchés par le VIH.

  • Le registre VIH-SIDA

Selon ce registre, la transmission du VIH par le partage de matériel d’injection est marginale en Belgique. En 2016, elle s’élevait à 0,5% des 915 cas de diagnostics posés cette année. Ce pourcentage est en baisse par rapport à ce que l’on observait les précédentes décennies. Ainsi, le nombre de cas d’infection probablement liés à l’injection s’élevait à 3 en 2016, contre 15 en 2010, 22 en 2007… Au niveau de la cohorte, la majorité des usagers de drogue par voie intraveineuse (63 %) ont été diagnostiqués depuis plus de 10 ans.

Source : Rapport VIH-SIDA 2016

  • Etude DRID

L’étude nationale DRID (Drug-Related Infectious Disease) financée par le SPF Santé publique a été réalisée en 2012 par le WIV-ISP afin d’estimer spécifiquement la prévalence de l’infection au VIH et aux hépatites chez les usagers de drogues par injection vivant en Belgique. Cette étude a montré que chez les UDI (N=180), dont la majorité fréquentait les Maisons d’accueil socio-sanitaires (MASS), la prévalence du VIH était de 2,3 % (95 % IC : 0,1%-4,6%).

  • Estimation locale à Bruxelles

Les données issues du projet Lama permettent aussi de se faire une idée de la prévalence du VIH chez les usagers de drogues en Région bruxelloise. Elles indiquent que sur les 799 usagers composant la file active en septembre 2016, 42,5% ont réalisé un dépistage au VIH. Le test s’est révélé positif pour 5,6% d’entre eux (soit 17 personnes). Malheureusement, ces données ne permettent pas de mise en relation avec les comportements d’injection ni avec les autres modes de contamination possibles.

Ce succès des politiques de réduction des risques sur le VIH ne doit toutefois pas occulter une menace désormais bien plus grande en terme de morbidité, d’invalidité et de mortalité chez les UDI : l’épidémie d’hépatite C. L’usage de drogues par voie intraveineuse reste en effet le facteur de risque principal de contraction du VHC, dont la prévalence d’infection est très élevée chez les UDI. En Belgique, elle varierait de 47 à 85%, suivant les estimations. L’étude nationale DRID réalisée en 2012 la situait à 43% (95% IC 34,3%-52,4%).

Cette transmission élevée s’explique par la résistance exceptionnelle du VHC au contact de l’air (environ 3 semaines), par son pouvoir de contamination (10 fois supérieur à celui du VIH), par l’absence de vaccin préventif, mais aussi par le partage fréquent du matériel connexe d’injection usagé (cuillère, filtre, flapule d’eau, etc.). Les UDI ont en effet une moins bonne connaissance des risques de transmission du VHC et sont relativement nombreux à partager du matériel connexe d’injection.

Les dispositifs de réduction des risques mériteraient donc d’être renforcés, de même que l’accès au traitement pour les personnes infectées!



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