Réduction des risques

La réduction des risques (RDR) est une stratégie de santé publique et de promotion de la santé. Elle consiste à interagir avec les usagers et usagères de drogues, quel que soit le type de produit et d’usage (ponctuel, régulier, problématique), dans l’objectif de réduire les risques y afférents.

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1.1. Bref aperçu de la Réduction des Risques

L’essor de la RDR est rendu possible grâce à une nouvelle conception de la santé publique, la promotion de la santé, qui valorise d’une part le rôle de la personne comme actrice de sa santé et d’autre part la prise en compte de ses besoins spécifiques.

Modus Vivendi, FEDITO Bruxelloise, FEDITO Wallonne, Centre d’Action Laïque, Liaison Antiprohibitionniste, Charte de la réduction des risques, s.d..

Andréo Christian et al., Histoire et principes de la réduction des risques : entre santé publique et changement social, Paris, Médecins du Monde, 2013.

APDES, Professional profile of the Outreach worker of Harm Reduction, 2013.

Harm Reduction International, The Global State of Harm Reduction 2016, 2016.

Fédération française d’addictologie, 1ère audition publique 2.0. : la réduction des risques et des dommages liés aux conduites addictives. Rapport d’orientation et recommandations de la commission d’audition, 2016.

OEDT, Harm Reduction : Evidences, Impacts and Challenges, 2010.

Jürgens R., « Nothing about us without us ». Greater, Meaningful Involvement of People who Use Illegal Drugs : a Public Health, Ethical, Human Rights Imperative, Toronto, Canadian HIV/AIDS Legal Network, International HIV/AIDS Alliance, Open Society Institute, 2008.

Morel Alain, Chappard Pierre et Couteron Jean-Pierre (dir.), L’aide-mémoire de la réduction des risques en addictologie en 22 notions. Contexte, enjeux, nouvelles pratiques, Paris, Dunod, 2012.

 

 

1.2. Qu’entend-on par « bonnes pratiques » ?

En Union Européenne, pour des raisons politiques mais aussi économiques, la référence aux bonnes pratiques, reposant sur des critères de qualité et sur des normes minimales, est de plus en plus encouragée. Celles-ci rencontrent la volonté de la communauté scientifique internationale de définir les politiques des drogues illicites en fonction de connaissances scientifiques.

Le portail des bonnes pratiques de l’OEDT

Texte de la déclaration de Vienne (juillet 2010)

Autrike M., Demarest I., Goethals I., De Mayer J., Ansseau M., Vanderplasschen W., Processus de consensus sur des normes de qualité minimales et idéales pour la prévention, le traitement et la réduction des risques des problèmes de toxicomanie (COMIQS.BE), BELSPO et SPF Santé Publique, 2016.

Diaz Gomez C., Milhet M., Ben Lakhdar C., Guidelines for the implementation of good evaluation practices. Evaluating harm-reduction interventions, OFDT, 2009.

OEDT, Réduction de la demande de drogue : preuves scientifiques mondiales pour actions locales, 2012.

Strike C., Watson T.M., Lavigne P., Hopkins S., Shore R., Young D., et al., Guidelines for better harm reduction: Evaluating implementation of best practice recommendations for needle and syringe programs (NSPs), International Journal of Drug Policy, 2011; 22(1):34-40.

Uchtenhagen A., Schaub M., Minimum Quality Standards in Drug Demand Reduction EQUS. Final Report, Research Institute for Public Health and Addiction, 2012.

 

2.1. RDR en milieu festif

En milieu festif, la consommation de psychotropes, plus élevée que dans la population générale, peut être motivée par l’envie d’expérimenter l’excès et de repousser les limites, mais elle est surtout favorisée par les propriétés récréatives de nombreux produits.

 

2.2. RDR en milieu de rue

Tandis que certains s’y rendent pour cacher leur consommation à leur entourage, la rue est aussi le lieu de vie, transitoire ou habituel, de personnes en grande précarité (économique, sociale et/ou psychologique).

Best Practice Recommendations for Canadian Harm Reduction Programs That Provide Service to People Who Use Drugs and Are at Risk Fort HIV, HCV, and Others Harms, 2 vol., Working Group on Best Pratice for Harm Reduction, 2015. 1 2

Center for HIV, Hepatitis, and Addiction Training and Technology of Danya International, Mobile Outreach. A guide to plan and implement an outreach mobile vehicle (MOV) based risk reduction intervention program, s. d..

Derricot J., Imbert E., Cohen F., L’injection à moindre risque, Paris, Apothicom, 2008.

Eurotox, Modus Vivendi, Recherche-action sur les besoins et l’offre de services à destination des usagers de drogues par injection en Région Wallonne, 2010.

Gagnon F., Pistes d’action novatrices en matière de substances psychoactives « illicites », Québec, Institut National de Santé Publique du Québec, 2016.

Healthier Scotland, Guidelines for services provinding injecting equipment. Best practice recommendations for commissioners and injecting equipment provisions (IEP) services in Scotland, Edinburgh, Scottish government, 201.

National Institute for Health and Care Excellence, Needle and syringe programs, 2014.

Norfolk Drug and Alcohol Partnership, Accomodating substance misusers. Spectrum of possibility. A guide for housing providers, Norfolk, 2007.

OEDT, Preventing opiod overdose deaths with take-home naloxone, 2016.

OMS, UNAIDS, UNODC, Guide to starting and managing syringe and needle program, 2007.

Id., Substitution maintenance therapy in the management of opiod dependence and HIV/AIDS prevention, 2004.

European Harm Reduction Network, Drugs consumption rooms in Europe. Models, best practice and challenges, 2014.

Noël L. et Gagnon D., Revue systématique d’interventions par des pairs usagers de drogues par injection, Drogues, santé et société, 12 (1), 2013, p. 1-18.

SAFE, Filtres toupies à usage unique, Paris, 2014.

Strike C., Leonard L., Millson M., Anstice S., Berkeley N., Medd E., Ontario Needle exchange programms : best practice recommendations, Toronto, Needle exchange Coordinating Comittee, 2006.

Strike C., Gohil H., Watson T. M., Safer Crack Cocaine Smoking Equipment Distribution : Comprehensive Best Practice Guidelines, Toronto, Catie, 2014.

 

2.3. RDR en milieu carcéral

L’usage en prison est encouragé par le stress qu’entraînent l’enfermement, la promiscuité et la violence carcéraux, ou par l’ennui découlant du déficit d’activités occupationnelles. Aux risques généraux liés aux produits, aux modes de consommation et aux contextes, il faut ajouter les conditions de vie des détenus.

Plateforme d’apprentissage en ligne sur la RDR en prison : Trimbos Instituut, ISFF, UNODC, Care project learning

Gagnon F., Pistes d’action novatrices en matière de substances psychoactives « illicites », Québec, Institut National de Santé Publique du Québec, 2016.

Hoover J. et Jürgens R., Harm reduction in Prison :The Moldova Model, International Harm Development Program, 2009. «

Obradovic I., Réduction des risques en milieu pénitentiaire. Revue des expériences étrangères, Note n°2012-04, à l’attention de la MILDT (Mission interministérielle lutte contre la drogue et la toxicomanie), OFDT, 2012. «

Stöver H., MacDonald M., Atherton S., Harm Reduction in European Prisons. A Compilation of Models of Best Practice, BIS, 2007.

Universität Bremen, WIAD, ZIS, Final Report on Prevention, Treatment, and Harm Reduction Services in Prison, on Reintegration Services on Release from Prison and Methods to Monitor/Analyse Drug use among Prisoners, Bonn, Directorate – General for Health and Consumers, 2008.

 

2.4. RDR en milieu sportif

Aujourd’hui, peu de pays envisagent une RDR adaptée au milieu du sport. Pourtant, deux phénomènes, de grande ampleur, associent sports et usages de drogues : le dopage, intrinsèquement lié à la pratique du sport, et la culture de la « troisième mi‑temps » alcoolisée.

Aubel O. et Ohl F., Le sportif en travailleur face à la lutte anti-dopage. Éléments de critique et propositions, Sciences et motricité, n° 92, 2016, p. 33-43.

Bruce S., Best Practices to address student-athlete alcohol abuse, NCAA Sport Science Institute, [En ligne], s. d.

Evans Brown M., McVeigh J., Perkins C., Bellis M.A., Human enhancement drugs. The emerging challenges to public health, North West Public Health Observatory, 2012. «

Kimergärd A. et Mc Veigh J., Variability and dilemmas in harm reduction for anabolic steroid users in the UK: a multi-area interview study, Harm Reduction Journal, n° 11, 2014. «

Kingsland M., Wolfenden L., Tindall J., et al., Tackling risky alcohol consumption in sport: a cluster randomised controlled trial of an alcohol management intervention with community football clubs, Journal of Epidemiology &Community Health, juin 2015, p. 1-7. «

Rowland B., Allen F., Toumbourou J. W., Impact of alcohol harm reduction strategies in community sports clubs: Pilot evaluation of the Good Sports program, Health Psychology, Vol. 31(3), Mai 2012, p. 323-333.

 

2.5. RDR en milieu virtuel

S’il ne faut pas négliger la fracture numérique, c’est-à-dire la disparité d’accès à l’informatique au sein de la population, la RDR en milieu virtuel est l’occasion de toucher un public large, hétérogène, notamment celui des usagers occasionnels, peu sensibilisés à la RDR. Des communautés d’usagers ont également vu le jour sur des forums spécialisés, où la RDR s’est bien implantée.

 

3.1. RDR et femmes

Les structures de RDR ont tendance à accueillir moins de femmes que d’hommes. Afin d’attirer les usagères de drogue, il convient de tenir compte de leurs vécus, de leurs risques et de leurs besoins spécifiques et d’intégrer les préoccupations de genre dans les programmes proposés.

Eurotox, Modus Vivendi, Recherche-action sur les besoins et l’offre de services à destination des usagers de drogues par injection en Région Wallonne, 2010.

Fédération des Addictions, Femmes et addictions. Accompagnement en CSAPA et en CAARUD, Repères, France, 2016.

International HIV/AIDS Alliance, Keeping women who use drugs healthy. Alliance Ukraine’s experience integrating HIV, harm reduction and sexual and reproductive health programming, 2013.

Mendrek A, « Existe-t-il des différences entre les hommes et les femmes en ce qui concerne les problèmes de toxicomanies ? », Santé mentale au Québec, vol. 39, n° 2, 2014, p. 57-47.

Mutatayi C., Accueil addictologique et médicosocial des femmes toxicodépendantes. Expérience en 2010-2011, Note 2014-03, La Plaine Saint-Denis, OFDT, 2014.

OEDT, Women’s voices. Experiences and perceptions of women who face drug-related problems in Europe, Lisbonne, OEDT, 2009.

Organisation Mondiale de la Santé, Guidelines for the identification and the management of substance use and substance use disorders in pregnancy, OMS, 2014.

UK Network of Sex Work Project, Working with Sex Workers : Outreach, 2008.

Women in Harm Reduction International Network et International Network of Women who use drugs, Illicit Drug Use in Pregnancy : An Appropriate Response. Position paper, s.d..

 

3.2. RDR et jeunes

Bien que l’expérimentation fasse pleinement partie de l’adolescence, une survenue trop précoce ou un usage régulier des drogues n’est pas souhaitable. La RDR semble pertinente avec un public peu réceptif à l’idéal d’abstinence ou à la prévention par la peur.

City of Oslo Alcohol and Drugs Addiction Service, Competence Centre, Working with young people at risk. A practice manual to early intervention, outreach, peer work, focus group, motivational interview, Oslo, 2011.

Couteron J-P, Les Consultations jeunes consommateurs (cjc). L’intervention précoce pour répondre aux conduites addictives des jeunes, VST – Vie Sociale et Traitement, 2016, 1, n° 129, p. 7-11.

International HIV/AIDS Alliance, Harm Reduction International, Save the Children, Youth Rise, Step by step. Preparing for work with children and young people who inject drugs, 2015.

Kiely E. et Egan E., Harm reduction. An information and resource booklet for agencies engaged in drug education, Cork, Department of Applied Social studies, National University of Ireland, 2000.

Modus Vivendi, Guide pratique pour aider à l’implantation d’un projet de réduction des risques liés à l’usage d’alcool en milieu étudiant, 2016.

National Drug Research Institute, SHAHRP. School Health and Alcohol Harm Reduction Project. An Evidence-based Program to Reduce Alcohol Related Harm in Young People, [En ligne].

 

3.3. RDR et minorités ethniques

Les minorités ethniques ne semblent pas exposées à des risques vraiment différents que ceux couramment relevés. En revanche, elles sont confrontées à des mécanismes psychosociaux qui peuvent favoriser l’usage de drogues et différents facteurs freinent la rencontre des usagers de drogues issus des minorités et des structures d’aide.

De Kock et al., Usage de substances et recours aux services de traitement de la dépendance chez les personnes issues de l’immigration (PADUMI), Bruxelles, Police Scientifique Fédérale, 2016.«

European Centre for Disease Prevention and Control, Thematic report: Migrants. Monitoring implementation of the Dublin Declaration on Partnership to Fight HIV/AIDS in Europe and Central Asia: 2012 Progress Report, ECDC, 2013.

Muys Marjolein, Substance use among migrants : the case of Iranians in Belgium, VUB Press, 2009.

UK Network of Sex Work Projects, Working with Migrants Sex Workers, 2008.

 

3.4. RDR et chemsex

Les besoins des usagers qui pratiquent le chemsex concernent à la fois la santé physique, sexuelle et mentale. Une priorité est de former les acteurs psychomédicosociaux à ces produits, aux contextes d’usage, aux motivations de cet usage et aux risques associés.

Bourne A., Reid D., Hickson F., Torres Rueda S., Weatherburn P., The Chemsex Study : drug use in sexual settings among gay and bisexual men in Lambeth, Southwark & Lewisham, Sigma Research, London School of Hygiene & Tropical Medicine, 2014.

Fournier S., Gay outreach 2.0, Sidaction, s.d. «

Foureur N., Fournier S., Jauffret-Routside M., Labrouve V., Pascal X., Quatremère G., Rojas Castro D., Slam. Première enquête qualitative en France, Sidaction, Association des médecins gays, Inserm, 2013.

Stuart D., Sexualised drug use by MSM: background, current status and response, HIV Nursing Journal, 2013; 13.1(Spring 2013), p. 6-10.

Van Acker J., Une recherche exploratoire sur le « chemsex » en Région de Bruxelles-Capitale, Observatoire du sida et des sexualités, Bruxelles, 2017 (à paraître).

 

4. Perspectives et enjeux

Les bonnes pratiques en RDR reposent sur une approche multifactorielle. Elles sont aussi variées qu’il y a de produits, de modes de consommation, de profils spécifiques. L’implantation fructueuse des dispositifs nécessite d’identifier et de tenir compte des besoins des usagers et des freins éventuels : criminalisation des usagers, financements instables et insuffisants, évolution des pratiques et des produits…

De Backer B., Services ambulatoires dans les domaines de l’action sociale, de la famille, de la santé. Démarche d’évaluation qualitative transversale, tensions entre l’accessibilité du service et la pénibilité du travail, 2013.

Hogge Michaël, Euphorisants légaux et nouvelles drogues de synthèse : enjeux et risques sanitaires, Psychotropes. Revue internationale des toxicomanies et des addictions, 2014, vol. 20 n°3, p. 81-100.

Le Naour G., Hamant C., Chamard-Coquaz N., Faire accepter les lieux de réduction des risques. Un enjeu quotidien, Lyon, CERPE, 2014.

Lutz G., Roche P. (dir.), Faire avec les drogues. Quelles interventions ?, Nouvelle Revue de psychosociologie, n° 21, 2016/1.

Tremblay M. et Olivet F., De la participation citoyenne à la reconnaissance du droit au plaisir : insertion sociale et usagers d’opioïdes, Drogues, santé, société, vol. 10, n° 1, p. 169-196.